LA SOCIÉTÉ INCLUSIVE POUR UNE FRANCE UNIE !
Par L’Inclusion En Marche !  –  Mai 2020.

Contribuons aux 4 défis et aux 10 thématiques afin de bâtir un nouveau projet national inclusif!

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La crise sanitaire que nous traversons a bouleversé nos quotidiens et bousculé notre société. Pendant plusieurs semaines, nous avons été confinés et notre pays fait face à un choc sans précédent. Le monde d’aujourd’hui n’est déjà plus celui d’hier et notre projet national et européen doit s’adapter à ce nouvel environnement où de nouvelles priorités ont émergé. Nous avons surmonté la période épidémique grâce à la solidarité et à l’union citoyenne. Seule une coopération pragmatique et constructive de tous les acteurs peut permettre notre reconstruction. En tension dans de nombreux secteurs, notre société est traversée par de multiples fractures. Fractures souvent anciennes mais qui sont aujourd’hui exacerbées et qu’on ne peut plus ignorer. Les sentiments d’exclusions et de discriminations sont les conséquences d’un système inadapté aux citoyens auxquels il est censé répondre et convenir. En citant la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en pleine crise sanitaire, le Président de la République a remis au centre le curseur de l’utilité sociale dans le projet national. Le lundi 13 avril 2020, Emmanuel Macron a déclaré : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Ayons comme ambition de remettre au cœur de nos politiques celles et ceux qui exercent des missions d’utilités publiques, sanitaires, économiques, sociales et environnementales.

Santé, accompagnement à la personne, autonomie, écologie qui rassemble, entreprises inclusives, plateformes numériques, socle européen des droits sociaux et revenu universel seront les chantiers prioritaires de demain.

LA SANTÉ, UNE PRIORITÉ NATIONALE

Si nous voulons que notre système médical de prévention et de soins reste un modèle mondial, nous devons non seulement mieux considérer l’exercice professionnel des soignants mais également investir plus et mieux dans ce système qui s’impose comme une priorité absolue : amélioration des conditions de travail, besoins en matériels de base, maillage de notre territoire, proximité des services au plus proche de la population, investissement dans la recherche, développement de la téléconsultation. Nous savons par exemple combien les services médicaux par télémédecine peuvent être salutaires pour les personnes polyhandicapées. Cette réflexion doit poser comme base un accueil sanitaire universel et s’accompagner de la poursuite sans relâche de l’accessibilité des locaux, d’un équipement médical adapté à toutes les personnes à mobilité réduite et de la formation des personnels soignants à tous les handicaps. Le secteur de la santé fait donc figure de tête de proue dans notre réflexion sur « l’Après », mais cette crise interroge aussi plus globalement d’autres fonctionnements comme la nécessité stratégique de relocaliser certains de nos processus de production en France et en Europe.

UN PAYS QUI ACCOMPAGNE ET REND PLUS AUTONOME

Dans les fractures béantes – et tellement anciennes que notre Nation s’y est malheureusement habituée – il y a l’ensemble des discriminations liées au handicap et à l’âge. Est-il acceptable en 2020 de regrouper des personnes handicapées ou dépendantes entre elles ? Comment peut-ont encore penser que cela va améliorer leur condition de vie et leur estime de soi ? Les établissements spécialisés, EHPAD et autres structures du siècle dernier qui se voulaient protectrices à l’époque n’ont toujours pas abouti leur mutation vers des offres de services plus souples et plus adaptées. Pour des vies plus autonomes où chacun est considéré comme un citoyen à part entière, la France se doit d’appliquer les textes internationaux et faire entrer le handicap dans le droit commun. 

• Parce que près de 100 000 enfants et adolescents sont encore écartés du système éducatif ordinaire en allant dans des établissements médico-sociaux,

• Parce que 500 000 personnes handicapées vivent en établissements spécialisés (MAS, FAM, ESAT, foyers…),

• Parce que la France comptabilise également plus de 600 000 places en EHPAD pour un prix médian mensuel de 1953€/mois (en chambre seule et hébergement permanent),

• Parce qu’un adulte sur sept vit aussi à domicile avec au moins une limitation fonctionnelle ou un handicap, 

Nous devons lancer un grand chantier sur l’accompagnement, véritablement entamer la désinstitutionnalisation et simplifier nos dispositifs en supprimant ceux qui excluent. Côté budget, le financement global actuel relatif à la compensation de la perte d’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées s’élève à plus de 67 milliards d’euros.

Dans ce cadre, la question des proches aidants doit aussi trouver une réponse plus approfondie respectant autant l’autonomie de l’aidant que de la personne aidée. Les vulnérabilités doivent focaliser notre attention et être mises en lumière. Avec lucidité et empathie. C’est en agissant aux frontières de la « norme » que nous démontrerons l’humanisme universel qui nous fonde.

UNE ÉCOLOGIE QUI PROTÈGE ET RASSEMBLE

Dans la réflexion globale qui est aujourd’hui la nôtre, la transition écologique doit s’accentuer. Non d’une manière idéologique mais dans un esprit de bon sens et par pragmatisme. Les produits bio ou éco-responsables sont souvent trop chers mais nous n’acceptons pas que certains puissent se les procurer et que d’autres non. Un des piliers du développement durable est la solidarité. Pour une écologie qui protège et rassemble, rendons-la accessible en accélérant la transition inclusive, pour cela mettons en place des indicateurs d’inclusion et d’écologie dans toutes nos politiques publiques. 

Les enjeux de santé passent par un environnement sain. Eau, air, sols: comment faire en sorte que l’impact de l’activité humaine soit le plus réduit possible ? Développons des mobilités douces et des logements à énergie positive adaptés à tous, valorisons les circuits courts, créons plus d’espaces partagés pour mieux vivre ensemble au quotidien. Réduire notre empreinte carbone, stopper l’érosion de nos espaces naturels et préserver la biodiversité contribuent à l’éclosion d’une société à forte valeur ajoutée humaine.

UNE ÉCONOMIE INCLUSIVE

L’utilisation des plateformes numériques ont été en forte augmentation durant cette période et le seront de plus en plus dans les années à venir. Le développement rapide de ce nouveau modèle interroge d’un point de vue économique et social. Quel équilibre trouver entre la liberté de laisser grandir un secteur d’avenir d’un côté et d’un autre quelles garanties assurer aux travailleurs que l’on dits « ubérisés » ? Ils sont en première ligne pour nous mais leurs droits sociaux et l’accès à la protection sont encore limités entrainant des situations de dépendance et souvent une précarité économique. 

Nous avons également constaté que les entreprises qui avaient pour modèle l’économie sociale et solidaire, donc inclusive, étaient plus robustes économiquement en période de crise. Plus habituées à prêter attention aux autres par la coopération, elles sont organisées de façon plus souples et plus agiles pour rebondir rapidement. Egalement plus performantes, elles génèrent un chiffre d’affaire par salarié plus important. Plus rentables, les entreprises qui oeuvrent pour un capitalisme inclusif sont plus attractives. Elles attirent les jeunes salariés de la génération X ou Y en recherche de sens dans leur activité.  Multiplions les réseaux d’entreprises qui s’engagent en faveur d’une Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Les missions de « La France Une Chance » – initiative mise en place par le Président de République et pilotée par le Haut-Commissariat à l’inclusion dans l’emploi et à l’engagement des entreprises – est un excellent socle de promotion, d’accélération et de transformation. Développons mieux cet outil, diffusons plus encore les bonnes pratiques allant du télétravail, une modalité pouvant faciliter l’emploi, au management participatif permettant aux compétences de chacun de s’exprimer. La gestion des ressources humaines sont au cœur du changement des mentalités.

UN NUMÉRIQUE ACCESSIBLE À TOUS

Les dispositifs numériques mis en place pour le suivi pédagogique des élèves confinés ont démontré la qualité de leurs supports qui s’articulaient autour d’une mobilisation des chaines du service public, d’un service Internet dédié ainsi que de documents pédagogiques disponibles grâce à l’expertise du CNED. Pour une « France Apprenante», ne pourrait-on pas imaginer pérenniser toutes ces outils multimédias voire même créer une chaîne entièrement dédiée à cela ?

Malgré tout, nous avons malheureusement constaté que la fracture numérique avait été le point noir de cette période et nous savons combien les inégalités se sont accentuées. Grâce à la solidarité de l’opération « DesOrdisPourNosEnfants», 10 000 enfants issus de milieux défavorisés ou accueillis par l’Aide Sociale à l’Enfance ont notamment pu bénéficier d’équipements informatiques et d’un accompagnement éducatif supplémentaire grâce à la Réserve Civique. Mais pour une accélération vers de nouvelles pratiques pédagogiques et une modernisation de l’Éducation Nationale, le cœur de l’action publique doit se prolonger afin qu’aucun élève ne soit empêché dans ses apprentissages. Sur ce dossier la mobilisation de tous est nécessaire car le cloisonnement des compétences éducatives entre les écoles, les collèges et les lycées qui dépendent respectivement des communes, des départements et des lycées complexifie cette harmonisation et accentue les inégalités.

UN SOCLE EUROPÉEN DES DROITS SOCIAUX INCONTOURNABLE

Le socle européen des droits sociaux, présenté en novembre 2017, est une déclaration interinstitutionnelle entre la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil. Il décline les droits sociaux qui structurent le modèle social européen, notamment l’égalité des chances et l’accès au marché du travail (éducation, formation, égalité femmes-hommes), des conditions de travail équitables (emplois sûrs et adaptables, sûreté de l’environnement de travail) et protection et inclusion sociales (revenu minimum, soins de santé, aide à l’enfance).

Même si l’Union s’est dotée de plusieurs fonds structurels à vocation sociale et d’une stratégie en matière de dialogue social, cela n’a pas permis d’atteindre un niveau suffisant de convergence sociale européenne. La stratégie « Europe 2020 » avait fixé de hauts niveaux d’ambition pour la réduction de la pauvreté, l’augmentation du taux d’emploi, les taux d’abandon scolaire et d’obtentions de diplômes de l’enseignement supérieur, mais ces objectifs n’ont pas été atteints dans leur majorité.

Si ce socle a inspiré les propositions législatives européennes les plus récentes, il faut souligner sa faible valeur juridique et ses formulations trop générales.

Nous souhaitons que les droits sociaux contenus dans ce socle européen soient rendus effectifs :

– La Cour de Justice de l’Union européenne doit s’en servir de base juridique et la Commission l’utiliser comme document de référence pour des propositions d’actions communes ou législatives en matière sociale.

– L’octroi de l’ensemble des fonds structurels doit être conditionné au respect de critères sociaux, environnementaux et inclusifs.

En commençant avec les dotations de relance de l’économie européenne, le monde de demain commencerait aujourd’hui.

UN REVENU UNIVERSEL EUROPÉEN

Une des expressions de la solidarité nationale est la participation des citoyens à l’impôt et leur redistribution. Participation des uns, pas des autres, accès aux aides pour certains mais pas tous…. Le méandre de notre système est tel que les cibles voulues ne sont pas toujours atteintes. Cela provoque une défiance de notre organisation, un sentiment d’injustice et des inégalités économiques et sociales grandissantes. Osons mettre sur la table le sujet du revenu universel, socle citoyen de base que l’on donnerait à tous de manière universelle et automatique.

Une somme que chacun pourrait percevoir de manière inconditionnelle de sa naissance à sa mort et qui serait à la fois un coussin de protection dans les moments difficiles mais aussi un outil d’émancipation et une possibilité d’agir plus librement. Un filet de sécurité permanent et réaliste qui viendrait en remplacement de l’ensemble des aides sociales actuelles – excepté celles liées au handicap, aux retraites, à la maladie, au logement et au chômage – laissant chacune et chacun devenir acteur de ses choix de vie.

Actuellement débattu dans de nombreux pays de notre continent, le revenu universel est une mesure qui ne pourrait pas être mise en place par un Etat européen d’une manière unilatérale. Si un pays de l’UE s’aventurait seul dans cette aventure, cela pourrait créer des déséquilibres supplémentaires entre les nations: hausse des prix, augmentation des intérêts bancaires, disparités dans les niveaux de vie.

C’est pourquoi le revenu universel doit s’envisager au niveau européen avec une Union européenne à la manoeuvre dans l’articulation de cette redistribution quitte à compléter les sommes manquantes afin qu’aucun Etat-membre ne soit lésé et que l’ensemble des 447 millions d’Européens perçoivent cette somme.

En mettant la solidarité au coeur de l’UE, cette mesure peut devenir un acte fondateur, positif et majeur en relançant un projet européen qui « unit dans la diversité ».

LA SOCIÉTÉ INCLUSIVE POUR UNE FRANCE UNIE

Dans cette période de réflexion collective, d’autres sujets méritent aussi notre attention: logement, culture, déconcentration de l’Etat… Mais une seule question doit nous animer : comment notre Nation peut-elle mieux s’organiser afin de ne laisser personne sur le bord du chemin ? Nous pensons que la société inclusive est une réponse possible. Bien plus encore : nous sommes convaincus que la société inclusive est LE projet politique qui peut permettre à notre pays de faire œuvre de résilience. La société inclusive est à la fois une ambition transversale et un projet global plus équitable. Agissons pour qu’elle soit la colonne vertébrale de notre pays. Par un regard différent et plus inclusif, nous faisons le pari que les idées disruptives qui naissent dans l’altérité sont les plus pertinentes pour bâtir une France unie.

« Il n’y a ni vie minuscule, ni vie majuscule. Car il n’y a pas plusieurs humanités : l’une forte, l’autre faible. L’une à l’endroit, l’autre à l’envers. L’une éminente, l’autre insignifiante, infra-humanisée. Mais une seule, dépositaire d’une condition universelle, entre un plus et un moins, un meilleur et un pire. Entre fortune et revers, résistance et fléchissement »  – Charles Gardou.

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